Insécurité : le « en même temps » a des limites
Comme de nombreux maires et élus locaux, j’affirme la nécessité d’un véritable plan national de lutte contre les trafics de stupéfiants. Le double discours de celles et ceux qui, depuis des années, sabrent les moyens de la Police nationale, des Douanes françaises et de la Justice tout en se posant en champions locaux de la sécurité n’est plus tolérable. Le « en même temps » a des limites : sans mesures ambitieuses au sommet de l’État, ces trafics persisteront, et avec eux l’insécurité qui pèse sur la vie quotidienne des Choletaises et des Choletais.
A Cholet la consommation et le trafic de stupéfiant s’intensifient ces denières années. Cette tendance nationale touche de nombreuses villes moyennes et entraîne des faits de violence.
En 2024, le Maine-et-Loire a comptabilisé 255 cas de trafic de stupéfiants, dont 11 spécifiquement à Cholet. Plusieurs opérations policières récentes soulignent l’ampleur du phénomène : démantèlement d’un point de deal au May-sur-Èvre (41 kg de cannabis, 760 g de cocaïne) en 2024, saisie record de 213 kg de drogue (130 kg de cocaïne, 83 kg d’héroïne) fin septembre 2025 à Cholet.
Réseaux organisés et violence croissante
Ces affaires révèlent des circuits d’importation et de distribution pilotés par des réseaux structurés, reliant Cholet à d’autres villes et à l’international, avec à la clé des règlements de comptes de plus en plus violents. Les actions locales des forces de l’ordre, bien que nécessaires et souvent efficaces au coup par coup, peinent à compenser l’absence d’une stratégie nationale cohérente et durable. C’est précisément ce que souligne un rapport sénatorial de 2024, qui dresse le constat d’un échec global de la politique anti-stupéfiants menée ces dernières années.
Le rapport du Sénat pointe un État manquant de moyens, de lucidité et de cohérence face à un trafic qui ne cesse de croître en volume, en violence et en sophistication. Les opérations dites « place nette », très visibles médiatiquement, s’avèrent peu efficaces dans la durée au regard des ressources engagées. Le Sénat déplore aussi l’insuffisance humaine et technique des services d’enquête, des douanes et des juridictions, ainsi qu’une coopération internationale défaillante, notamment sur les flux financiers liés au blanchiment d’argent.
Une stratégie nationale à la hauteur des trafics
- ▪️ Renforcer le renseignement et les moyens opérationnels : doter les services d’enquête, les douanes et les juridictions d’un plan d’urgence, mieux sécuriser les outre-mer, et lutter résolument contre la corruption qui fragilise l’action publique.
- ▪️ Cibler le « haut du spectre » des trafics : mener des enquêtes patrimoniales systématiques, geler les avoirs criminels et traquer impitoyablement le blanchiment dans tous les secteurs de l’économie, y compris ceux qui se croient à l’abri.
- ▪️ Créer un parquet national antistupéfiants : donner une pleine autorité judiciaire à une structure dédiée, en appui des services de terrain (police, gendarmerie, douanes), pour mieux coordonner les enquêtes complexes et frapper les réseaux au niveau national et international.
Je soutiens pleinement ces recommandations du Sénat. La sécurité reste pour moi une priorité absolue. Les efforts des forces de l’ordre à Cholet, et le renforcement du rôle de la police municipale, notamment pour le repérage et le signalement des points de deal, sont indispensables. Mais ils relèvent d’abord des compétences de la Police nationale, de la Justice et des Douanes, qui doivent être enfin dotées de moyens et d’une stratégie à la hauteur des enjeux.
